La séparation

La séparation

  • Les objets du couple
  • La fin de l'objet
  • La séparation
  • La suite du couple

Les objets du couple

Si l'acte des deux partenaires est le même dans le couple, s'agissant ou non de la procréation, les objets sont bien différents puisqu'ils sont, pour chacun, le corps perçu du partenaire. Le pouvoir d'attraction de l'objet vient de ce qu'il a d'indéterminé, de ce qui reste d'inconnu. Le corps convient parfaitement. Mais le vague de l'objet n'est pas intrinsèque. Il provient de ce que le perçu est une vision avec un biais (le biais 1). Or le biais rend l'objet de plus en plus caché. Le perçu n'est pas ce qui s'impose à la vue. Le perçu est toujours du préexistant retrouvé.

La fin de l'objet

Or, l'objet perçu perd progressivement de son attraction. Cela n'est pas dû à l'objet lui-même ; cela provient de l'objet psychique, l'objet-A, qui disparaît. L'objet psychique de l'Autre qui donne le sens de la vue est de plus en plus flou. Le biais 1, qui est le pousse à jouir de la vue, disparaît et est remplacé par le biais 2 de la pensée. C'est une période où tout un ensemble de détails concrets sont ignorés parce que, seul, l'objet est recherché au lieu de l'acte et de tous ceux de sa démarche. Chaque détail ignoré devient un obstacle : on perd ses clés, on tombe en panne d'énergie, etc. J'ai appelé cette pensée qui masque les détails d'organisation, les à côtés de l'acte, la pensée diabolique.

La séparation

Il n'est pas possible de se reporter sur un autre objet, par exemple un nouveau corps, parce que ce n'est pas l'objet réel qui est en cause mais l'objet psychique de l'Autre. Certains disent que la séparation est la seule solution ; c'est-à-dire qu'il faut refaire une nouvelle rencontre mais refaire n'est pas changer ; ce n'est pas acquérir du nouveau. Refaire c'est régresser au niveau de la rencontre. C'est donc perdre l'intérêt du changement de vie. C'est retourner dans le passé. Refaire est une pure optique de consommation des choses. Refaire ne trouve pas l'excitation initiale du changement.

La suite du couple

L'observation de l'autre partenaire dans ses postures provoque une stimulation psychique qu'on appelle empathie. L'empathie se passe d'objet. C'est l'acte de l'individu qui compte. Je vois quelqu'un regarder et regarder n'est pas voir, je ne vois pas la chose et je regarde. L'empathie est une copie de l'acte de l'autre sans le but. La perte de l'objet-A transforme l'acte en empathie. Or l'empathie nous apporte beaucoup d'informations à penser. La vie en couple reste stimulée et changeante . C'est découvrir de nouvelles postures, c'est reproduire des actes redécouverts alors que, dans la solitude, on a toujours un doute sur sa posture. C'est donc être sûr de soi et se libérer de ses contraintes sans effort. Voici donc quelque uns des bénéfices du vieux couple.

Le piège de la pensée personnelle est de trop intellectualiser le vécu. On se voit dans une pensée rationalisante qui vise une solution optimale. Mais le changement vient de la vue. La difficulté de l'individu isolé est précisément la pensée. La pensée de l'individu n'est pas stimulée par des paroles propres. Elle risque donc d'être capturée par les paroles d'un autre social. La pensée qui est faite à deux évite tous les défauts parce qu'elle est changeante, étant stimulée par la parole du partenaire. Les solutions trouvées à deux sont immédiates alors qu'elles sont ruminées passivement dans la solitude.