Le désir

CHAPITRE 17

Le désir

  • La causalité naturelle
  • Les blocages de l'acte
  • Le désir
  • Récapitulation du système imaginaire
  • Modélisation
  • Les observations

La causalité naturelle

  Dans un site bâti sur une page Facebook (#existenceparlacte), nous avons repris en synthèse les principes fondamentaux de la théorie de la représentation imaginaire comme motif de l’acte.

  Dans les articles de ce blog, nous avons constamment été axés sur le représenté qui est une image de fonctions organiques. Un mécanisme, sans doute neurologique, choisit une fonction et la porte à l’acmé de l’excitation comme une pulsion. La pulsion conduit à l’acte pour revenir à la fonction normale.

  Ici nous allons laisser le représenté pour nous concentrer sur le mécanisme d’activation. Nous avons déjà indiqué sans chercher à le détailler, que ce mécanisme dépend de l’association de deux scènes successives de la représentation.

  L’association transfert-acte peut être décrite de la façon suivante :

perçu

| transfert dans l’imaginaire

imaginaire

| acte

vécu

( | pensée)

retour au perçu

  Le motif humain étant ainsi posé, il est intéressant de passer aux influences contextuelles ou externes à l’imaginaire. Ces influences sont tout simplement les facteurs de blocage du transfert.

Les blocages de l’acte

  Le transfert est transfert d’un perçu et donc le perçu doit convenir. Le perçu doit être relié à la fonction organique. Oublions l’organique et parlons d’état imaginaire donné par une vision. Si dans l’état courant je visionne un sur-A, je dois voir dans le réel un sur-A qui correspond. Le premier blocage est celui de l’instance de l’état courant qui doit être découverte.

État courant= sur-A (en acte d’écouter)

état désiré= petit-A (acte de regarder)

  En réalité, ce blocage est un moteur de l’acte car il permet d’effectuer quand même des essais d’actes.

  Le deuxième obstacle vient de l’objet de l’acte. Nous avons toujours mis l’objet au second plan mais, quand même, tout acte a un objet-but. Par exemple l’acte de déplacement a un objet lieu. Si l’objet manque dans le perçu ou n’est pas disponible, l’acte est gelé en attente.

  Le troisième blocage est plus difficile à comprendre car il vient du désir.

Le désir

  Nous avons vu qu’il existe des états désirés dans une mémoire visuelle. Mais l’état n’est pas le désir. Le désir est un état incongru, sans suite avec l’état courant. C’est un état spécial parmi les états de la suite de visions. Nous avions d’abord pensé que c’était l’état dernier de la suite. Mais l’état final est l’état de concupiscence par essence puisque l’imaginaire est destiné à éloigner la concupiscence. Le désir est un état spécial, majeur qui s’attache à un état quelconque. Et ce désir peut faire rater une projection qui est la cause de l’acte.

  Dans notre modèle d’individu décrit ci-avant, le désir est pris par l’état final. Les types d’états finaux sont répartis uniformément sur la population au début. C’est une option très critiquable car le désir est transmis entre générations. Mais au départ du modèle, il n’y a pas plusieurs générations. Par suite, il faut que l’individu, à son arrivé dans un groupe, soient lié à un membre du groupe au hasard. Il prend alors le désir de ce membre. C’est ce qui a été modélisé.

  Nous avons pris l’état final et le désir de reproduction n’est pas modélisé. Nos individus n’ont pas de genre. Il ne faut pas oublier que le système imaginaire a un seul but qui est de surmonter le désir sexuel. Il faut bien comprendre que l’individu qui a une longue suite d’états est destiné à rester longtemps en désir. Donc cet individu est plus motivé que les autres. Il profite d’autant plus des multiples contextes de vie qui s’offrent tels que les objets. C’est un individu plus actif. A l’opposé, un individu qui a une suite courte est rapidement fixé dans une action. C’est un individu qui se répète et qui perd rapidement sa motivation de vivre.

  Nous avons toujours évité de traiter de thérapie psychique mais nous allons envisager ici le mécanisme de guérison de la névrose. La névrose est un blocage typique de l’association par création d’un état négatif, un trauma, équivalent au désir incongru final qui fait obstacle au changement d’état. Nous verrons ici que même un désir, sans nul doute moins résistant qu’un trauma mais tout aussi bloquant, peut être surmonté par le psychisme. Comment cela ? Simplement en reprenant le désir d’un autre individu. Le désir peut changer d’état comme la génération change avec la maturité. Le désir disparaît mais il se renouvelle avec un changement de génération.

Récapitulation du système imaginaire transfert=>acte :

Début Suite

    1- site courant=> [localiser]

         site désiré=> [se déplacer]

             2- état courant=> [écouter]

                 état désiré=> [regarder]

                     3- voix courante=> [parler]

                         voix désirée=> [signifier]|

                             4- corps courant=> [étreindre]

                                 corps désiré=> [reproduire]

Retour au début.

  Pour comprendre l’influence de tous les facteurs, il faut une représentation dynamique et nous avons réalisé une simulation informatique. Cette simulation crée le modèle d’un individu en présence de plusieurs individus puisque le transfert dépend d’un second individu rencontré dans le perçu.

  Cette modélisation d’une population d’individus a pour but de montrer les conséquences des facteurs de contexte sur l’individu.

Modélisation

Capture0Present

  En tête, un petit bandeau de titre bleu.

  Le modèle lui-même apparaît comme un carré saumon de 120 unités.

  En haut à gauche, il y a une légende. Les individus sont représentés comme des silhouettes humaines. Les silhouettes en couleurs claires dénotent que les individus sont fixés dans une activité donc, dans un état.

  Les trois individus noirs vers le centre sont des soi qui se sont localisés et qui sont en recherche de groupe.

  Le champ texte dessous rapporte la pensée du moi en cours.

  Le champ dessous donne le temps. Au temps 4 , le moi courant est le quatrième mais nous avons fait retour en arrière dans les pensées avec le curseur.

  Ce modèle possède 6 individus dont 3 sont visibles. Les 3 individus restants sont des moi qui ne sont pas encore visibles dans le champ car ce champ est celui du perçu-imaginaire d’un moi qui ne représente pas les moi eux-mêmes.

  Pratiquement toutes les simulations ont un déroulement contrôlé par un événement. Ici l’événement est le temps de traitement d’une seule instance de la série d’individus. Vous pouvez déclencher un passage du temps de vie par un bouton intitulé [Passer le temps]. Ce temps est le seul facteur contrôlable du modèle ce qui permet de pauser pour observer. 

  L’individu est totalement dirigé par des visions. Ces visions peuvent provenir du regard (par transfert) comme des visions intérieures (par projection). En dehors des visions et non pas des vues, aucune existence n’est possible (il est à noter que ceci est en désaccord avec une majorité philosophique actuelle qui met en avant la compréhension du sens des expressions de communication, donc des ordres, ou le partage de croyances). Ici le seul facteur est la vision. C’est pourquoi la longueur du champ de vision est montrée en haut de la légende. L’individu voit dans son champ des sites, des objets et des interlocuteurs qui provoquent le changement d’état par transfert.

  Un dernier mot sur la programmation. Les individus possèdent deux mémoires qui sont des suites : une mémoire verbale qui est une description verbale des sites déjà visités (une simple localisation du site) et une mémoire qui devrait être visuelle des icônes imaginaires. Comme il est compliqué de gérer des images, les icônes sont remplacées par des symboles : GR pour le groupe, SA pour le sur-A, PA pour le petit-A et GA pour le grand-A. Exemple de mémoire : [SOI, GR, SA, PA, GA]

  Tous les individus possèdent une représentation imaginaire identique mais, comme nous l’avons vu, cette mémoire est modifiée par le désir. La représentation est donc implicite pour chaque individu et la mémoire ne garde que le symbole du désir, par exemple : [SA]. Cela signifie que l’individu sera bloqué à l’état ‘SA’.

  Le bouton temps appelle la fonction ‘passerLeTemps’ de l’objet ‘cité’. Cette fonction appelle entre autres la fonction ‘changer’ de l’individu en traitement. Cette dernière ne modélise que les points 1 à 3 de la récapitulation vue plus haut. Par contre, elle prend en compte tous les risques de blocage. Pour information, voici un exemple d’algorithme (en pseudo langage) :

Si mon état courant est SA:

  •     si mon désir est PA et s’il y a un SA, je deviens un PA fixé
  •     ou si mon désir est PA et s’il y a aucun SA, je désire être PA fixé
  •     ou si mon désir est PA et si aucun objet, je désire être PA fixé
  •     sinon je deviens un PA non fixé.

Les observations

Capture10Debut

  Voici le démarrage d’un modèle de 12 individus et de 3 sites. Les individus sont des ‘SOI’ et ils sont dispersés au hasard mais connaissent leur localisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Capture7RegroupSite

  Un temps a passé et les individus deviennent ‘GR’ et on en voit l’effet.

  Deux individus sont devenus des ‘SA’. Sur 12 individus, la répartition des désirs est 4 ‘SA’, 4 ’PA’, 4 ’GA’. Il y a 4 ‘SA’ pour 3 sites et un individu restera tournant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Capture8PArestent

  On voit 6 individus restants à tourner dont 1 bloqué par le désir de ‘PA’ avec des apostrophes sur la tête.

 

 

 

 

 

6 objets ont été captés. Le nombre d’objets par site est pris au hasard.

 

 

 

 

 

  Comme le hasard intervient souvent dans les déplacements entre sites ou dans les rencontres d’individus, il faudrait rationnellement multiplier les expériences et pointer les résultats sur des graphes individus / sites et individus / objets pour trouver des corrélations.

  Toutefois la vue du graphe devrait être suffisante. On s’aperçoit très rapidement d’une tendance : plus le rapport individus/sites est élevé, plus les individus sont bloqués par le désir. La génération nouvelle est particulièrement bloqué car tous les sites et tous les objets des sites sont pris : ceux qui ont le désir d’être ‘SA’ restent à tourner entre sites ; ceux qui ont le désir d’être ‘PA’ restent ‘PA’ avec désir ; seuls ceux qui ont désir de ‘GA’ peuvent se satisfaire et se reproduire. Mais lorsqu’ils se reproduisent, ils perdent le désir et doivent recommencer au début.

  Les individus gagnent donc en plénitude de vie et en ouverture au monde. Le désir qui échappe à toutes règles, qui a été pourchassé par toutes les églises sans succès, s’élimine progressivement avec le taux de population. Il serait simple de supprimer le désir dans le modèle et tous les individus suivraient la même motivation. Toutefois cela reste de peu d’intérêt.

  En même temps, cela fait l’affaire des obsédés de patrimoine et des thésauriseurs qui ont plus de clients. Pour eux, le désir est bien une forme d’obsession et il a des points communs avec la névrose. Ce sont ces individus qui sont représentés en couleur. Or ils n’ont pas besoin de désir. Ils ne font que répéter le même acte. Ils n’ont aucune motivation imaginaire ; le souvenir suffit. Le désir est donc inutile sinon gênant pour ces individus.