1- La découverte de la relation

La découverte de la relation

La psychanalyse de Mélanie Klein

Introduction de l’imaginaire

 Interprétation par un processus

 De l’action

Une interprétation statique

L'homme pulsionnel

La psychanalyse de Mélanie Klein

Mélanie Klein (1882-1960) a été une des premières psychanalyste freudienne. Elle est connue surtout pour ses recherches en psychanalyse de petits enfants. On trouve dans ses écrits une des meilleures synthèses de la psychanalyse freudienne. Essayons de dégager une interprétation facile de la psychanalyse d’une époque avant d’introduire nos propres concepts.

Pour M. Klein ("Essais de psychanalyse 1921-1945", éd. Payot, 1972), il n'y aurait qu'une seule pulsion primaire.

   - La pulsion est une activité entraînée par une attirance (une capture) vers un objet et cet objet est le représentant du pénis (à partir de 2 ans).

   - Le caractère sexuelle de l'activité est alors redouté de l'individu ; celui-ci est menacé de la castration qui est la fin opposée à la sexualité. C'est ce que M. Klein appelle l'inhibition.

   - L'angoisse est la peur de la castration. Pour lever l'inhibition, il suffit de traquer l'angoisse et de la supprimer. L'angoisse est considérée comme le sentiment qui se lève avec la jouissance selon M. Klein ; à chaque pointe de jouissance suit une poussée d'angoisse.

  - Mais l'angoisse amène en plus les symptômes : des sensations pénibles, des voix, des présences, des paralysies, des pertes de repérage, etc. donc, des actes hors contexte qui échappent à l'individu. Tous ces symptômes se retrouvent dans la névrose de la puberté (fin de l'enfance : à partir de 12 ans).

Dans l'imaginaire :

Dans le réel :

Or l'angoisse et donc les symptômes ne sont pas liés à la jouissance. Une preuve est que l'angoisse reste alors que la jouissance passe. L'angoisse ne peut être supprimée que par le sens donné à la perception. Mais ce sens, où le trouver ? Il n'est simplement que la tendance de l'acte de la pulsion. L'angoisse n'est qu'une conséquence de la pulsion ; il ne sert à rien de la combattre.

  - Selon M. Klein, toutes les actions de l'individu sont des substitutions à l'action sur le pénis ainsi, dans l'arithmétique, le pénis est le 1 et le vagin, le 0 ; dans l'écriture, le pénis est le i ou le l.

   - C'est ce que M. Klein nomme une sublimation (et Freud, la symbolisation de la             pulsion ou le transfert), c'est-à-dire une action qui tourne autour du pénis sans le          découvrir.

  - Le pénis reste caché tout en étant proche ce qui donne une torsion à la vision ; c'est le complexe, essentiellement l'Œdipe.

Au final toutes les actions semblent disposées en cercle autour de l'action sexuelle qui reste masquée. En sens inverse, le sadisme et le masochisme sont des simulations, donc des substitutions autour de la castration. Ce sont des tendances exactement inverses aux actions fondamentales. Il n'y a aucune action privilégiée, aucun ordre dans l'ensemble des actions sauf celui contraire du sadisme ; toutes les actions sont équivalentes. C'est ce que Freud appelle les tendances du moi.

Le transfert a un sens vers l'inconscient au lieu de projeter vers une substituant réel comme le dit Freud. M. Klein remarque que l'enfant transfert sur une poupée et non pas sur la mère. Or la poupée représente un personnage imaginaire.

Le complexe d'Œdipe est bien inhibé au final. Donc il y a plus fort que l'Œdipe. Qu'est-ce-qui est plus fort qu'un complexe ? Un second complexe évidemment. Ce sont les complexes des autres tendances qui s'entassent et masquent l'Œdipe.

  - Il n'y a pas de sens possible qui permettrait un choix d'une action. Il n'y a que le hasard d'une ressemblance ou d'une représentation.

  - Il ne reste qu'à exercer une répression générale. Une analyse (qui n'est pas une éducation) ne peut être que favorable au développement de l'individu. Il ne peut pas se produire du négatif.

Il est donc particulièrement difficile d'analyser et de situer la source de l'angoisse et du symptôme. Cela vient de ce que pour M. Klein, le centre du cercle de la pulsion est un objet unique: le pénis. Tout tourne autour de lui.

Supprimons l'objet, le pénis. Que reste-t-il ? L'acte. La sublimation pure, la reproduction. Comme il existe une variété d'actes, il existe un éventail de pulsions. Il faut donc structurer cet ensemble de pulsions de manière à ce qu'il n'existe aucun choix, aucune indécision. Ces actes sont ordonnés en suite au lieu d'être en cercle.

Le mécanisme d'inhibition donné par Freud ne revient qu'à faire un écran à la pulsion sexuelle par une autre pulsion régressive. Dès lors, toutes les pulsions se masquent les unes par les autres par répétition de l'inhibition, mécanisme automatique de plus en plus rapide jusqu'à l'arrêt de la puberté. Il faut donc rester neutre pendant la formation de la chaîne une fois celle-ci lancée.

Introduction de l’imaginaire

En disant que l'objet est le pénis alors qu'elle ne le possède pas, M. Klein montre implicitement que l'objet est représenté donc que la pulsion est représentée dans l'imaginaire système où les représentations sont masquées. Mais l'objet, entendez : l'objet de jouissance, n'est pas représenté dans l'imaginaire. Il est localisé mais il reste flou ; il est à demi caché. Il est générique ou présence. L'instance est représentée, le sur-A est représenté par exemple mais l'objet n'est pas représenté. Il n'est pas. C'est un non-être. Dans le complexe, l'objet est présent mais caché. Il n'est que dans le réel. Il est extérieur à l'imaginaire.

Donc Le pénis de l'adoration n'existe pas. L'objet ne peut pas être un pénis. C'est une autre chose et les deux sexes se trouvent à égalité : ils ne possèdent pas l'objet, ni l'un, ni l'autre. Ils doivent le trouver dans la réalité. Quoiqu'il invente, l'humain est condamné à le trouver dans le réel, à l'extérieur de son corps. L'objet est purement réel et donc à retrouver sans fin.

Par exemple, le signifiant en tant que parole est un objet. Il n'est pas représenté. C'est une pensée qui a disparue : volatilisée dans sa création. Ce qui existe dans le réel c'est le signifié. Le signifié est la parole que l'on voit dans la réflexion, dans l'effort de retrouver la pensée dépassée chez l'autre.

Conséquence de ce caractère fugace de l'objet, Il y a deux réponses et non pas une seule comme dans l'Œdipe. La question étant : quelle est la force de vie de l'homme ? la première réponse est de croire à l'existence de l'objet ; la seconde, est de ne pas croire à l'objet. La première est de suivre la pulsion, de se laisser investir par le complexe qui tourne autour de l'objet (la tendance névrotique). La seconde est de dénier l'existence de l'objet et de suivre le complexe de castration (la tendance psychotique).

J'appelle complexe la scène imaginaire qui est sensée, qui a pour but de découvrir l'objet caché ou bien l'absence de l'objet. J'appelle pulsion : la force de l'imaginaire, le tenaillement qui investit l'individu. Actuellement, l'objet est prééminent dans la culture mais il y eut des époques où l'obsession de l'objet n'existait pas. La richesse était dans l'esclave, le castré. J'appelle ici culture l'ensemble des actions commandées par les pulsions.

En tant que justification de l'obsession de l'objet, il est couramment dénié l'existence d'autres pulsions diverses en dehors du domaine de l'art ce qui est un faible argument. De même, la métapsychologie survit à peine alors que la métaphysique sur l'origine de la matière s’accroît. Cependant l'un et l'autre imaginaires font toujours leurs victimes actuellement.

La voie psychique est imposée par automatisme à l'individu. La structure d'origine est donnée par hérédité (selon Freud dans "Totem et tabou" notamment) ou bien par contexte de l'enfance et elle se développe par multiplication à l'identique rapidement au cours de l'enfance. Il n'y a aucun changement possible dans la vie entière. Il n'y a que des variations de potentiel des pulsions qui arrivent les unes après les autres dans les différents âges.

Pour cette raison, nous allons nous cantonner dans la voie névrotique et essayer d'analyser les conséquences qu'elle entraîne.

Nous ne pouvons pas entrer dans des détails exhaustifs qui poseraient trop de questions. Nous estimons que la vision générale de l'imaginaire est plus importante à notre point de vue qui est centré sur un sujet particulier. Nous voyons donc un imaginaire de l'adulte qui possède une structure de suite ou de chaîne de pulsions1. Essayons seulement un début de représentation.

Au départ, dans la petite enfance il y a une chaîne de deux pulsions primaires : la pulsion du Soi reliée à la pulsion érotique. Chaque pulsion est composée de deux instances reliés par une projection visuelle : instance - projection - corps (autre instance) .

- La pulsion du Soi pourrait être donnée ainsi : (corps de) Soi → localisation → autre corps localisé dans une chambre en tant qu'objet.

- La pulsion érotique pourrait être : (corps de) Autre → stimulation → autre corps stimulé.

Toutes les instances (Soi ou Autre) sont des représentations globales d'un corps. La pulsion érotique du petit enfant consiste à produire des sensations pures avec un jouet qui est son corps.

Chez l'adulte, nous relevons un grand nombre de pulsions secondaires. Nous estimons que chaque pulsion correspond à un sens perceptif. Les pulsions secondaires ont la forme :

- instance (corps autre) → projection visuelle → corps autre (instance) avec action perceptive sur un objet.

Les pulsions secondaires sont par exemple, non exhaustivement :

- localisation → déplacement → écoute → regard → parole → toucher → etc. → reproduction.

Toutes ces perceptions ont des types différents d'objets, par exemple :

     - localisation = objet lieu ; déplacement = objet groupe.

Les instances étant situées au début et à la fin, elles se superposent et la chaîne se forme :

     - pulsion du Soi → pulsions secondaires → pulsion de reproduction → corps autre final (objet-A).

On voit très bien l'analogie avec la pulsion érotique puisque toutes les pulsions laissent des sensations diverses du corps à partir des sentiments. Ces sentiments proviennent, quant à eux, de l'investissement de l'imaginaire par un sens perceptif :

- Perception → imaginaire = sentiment.

- Imaginaire → acte physique sur objet concret = sensation.

Une remarque : la pulsion de mort de Freud correspond non pas à l'acte de localisation mais à l'acte d'écouter. Le sentiment donné par la pulsion est l'autorité. La sensation d'écouter est une soumission. L'autoritaire écoute car il ne comprend pas ce qu'il entend. Cette phase de toute puissance est facile à repérer au début de l'enfance. Nous y reviendrons.

Interprétation par un processus

La première question est la suivante : le type de l'objet étant imposé par hypothèse avec la pulsion active du moment, comment se fait le choix de l'objet concret ? Est-ce que l'individu a la liberté de choisir un objet réel parmi des milliers d'objets qui l'entourent dans l'environnement ?

La réponse est non. Le choix est un processus automatique ce qui ne veut pas dire un réflexe. Le réflexe est une réponse unique correspondant à une stimulation précise. Mais ici il s'agit d'un choix qui a un grand éventail de possibilités inconnues. Le choix ne se produit pas dans les objets de l'entourage de l'individu. Il ne sert à rien d'accumuler dans l'entourage les objets pour le prochain choix. Il serait toujours trop limité. C'est ce que connaît bien l'avare qui accumule non pas les objets mais les possibilités d'acquérir l'objet.

Prenons l'exemple de la pulsion scopique qui est une des premières pulsions acquises et activées. L'objet peut être un lot de tableaux dans un musée ou un spectacle dans une salle de spectacles ou encore un paysage dans un voyage etc. Comment l'individu pourrait-il faire un choix aussi ponctuel que l'impose la pulsion dans un pareil éventail ? Il ne s'agit là plus de choix ; il s'agit de découvertes au hasard. Mais la pulsion impose un objet précis.

Si l'individu ne choisit pas c'est qu'un autre individu a choisi pour lui. L'homme a le caractère grégaire c'est-à-dire que sa force vitale doit être stimulée par l'autre. La société, même d'une petite horde, constitue ce milieu stimulant. Mais le point essentiel qui n'a jamais été compris est que cette stimulation est indirecte. Cette stimulation est bien produite par la vue, par une capture visuelle de l'autre mais cela reste bien une stimulation. Cette stimulation n'est pas une empathie contrairement à ce que suggère la psychologie. Si c'était le cas, si l'homme recopierait l'acte de l'autre qu'il vient de voir, très rapidement tous les individus répéteraient le même acte comme dans l'empathie.

Le psychisme est organisé de façon que la capture visuelle d'un acte produit non pas ce même acte mais l'acte imaginaire qui est projeté par la pulsion stimulée. Rappelons que les pulsions sont en trois parties :

- instance (corps autre) → projection visuelle → corps autre (instance) avec action perceptive sur un objet.

Lorsque l'instance de gauche est stimulée, c'est le corps autre avec action perceptive de droite qui est copiée.

Les individus dépendent les uns des autres que pour le gain de stimulation de leur force vitale. Il n'empêche que le type de l'objet d'action est bien déterminé dans ce processus.

De l’action

Lorsque vous faites un acte, très fréquemment vous êtes à l'intérieur d'un processus d'actes, vous êtes dans une action. Par exemple, vous êtes au travail.

Le processus vous donne une illusion. Dans un processus ou système, il y a une coordination des actes élémentaires. Vous êtes contraints de visualiser une action passée. Votre pensée visuelle vous produit une pensée verbale de description de l'action. Vous commencez donc par une représentation visuelle et verbale, un souvenir, une pensée.

Il ne vous resterait qu'à recopier cette représentation qui va vous guider. Voilà ce que nous disons : ceci est une pure illusion. Pour commencer, vous ne voyez aucun acte dans cette représentation intérieure. Mais vous voyez des objets-moyen-de-l'acte. L'action n'est vue que par un but : la chose de l'action, l'objet abstrait qui réunit tous les objets-moyens.

Puisque l'acte est déclenché par un objet correspondant, est-ce que cet objet imaginé peut convenir ? Certainement pas. Un acte ne peut être déclenché que par un objet-moyen réel sinon l'imaginaire nous contraindrait en permanence à l'acte, ce qui n'est pas le cas. Vous êtes donc bloqué. La pensée n'est rien d'autre que le remplissage de l'attente. Je peux dire par expérience que l'acte réalisé est justement contraire à l'acte pensé.

Dans l'action, vous êtes, vous devez vous localiser d'abord dans un site. Un site est un site de travail. Un site est consacré à une tâche. Nous disons que, dans un site, vous trouverez tous les objets-moyens réunis. Il faut seulement les retrouver. C'est ce qu'on appelle en psychologie : se mettre à la bonne place. Mais l'enchaînement des actes, lui, reste guidé par l'imaginaire et non par la pensée. C'est pourquoi, vous avez fréquemment le sentiment de retrouver le souvenir véritable de l'action passée sur le moment de l'acte ce que ne produit pas la pensée. Dans un site, vous pouvez enchaîner une action. Dans un espace à priori neutre tel que l'espace public, vous ne pouvez effectuer des groupes d'actes coordonnés : se localiser, se déplacer, regarder et parler intérieurement (la parole intérieure n'est pas la pensée ; c'est un acte de verbalisation. La pensée est le rappel d'un souvenir).

Une interprétation statique

Il existe une psychologie pour laquelle l'existence est le vécu d'une situation. De la situation donnée extérieurement, l'individu forme une connaissance ou une adaptation à l'aide d'un système perceptif. Ce système est un complexe de perceptions : visuelles (formes), auditives (bruits), mais aussi kinesthésiques (sentiments et sensations), verbales (pensées). Lorsque vous demandez un souvenir à l'individu, il fait une traduction verbale qui est biaisée puisque, par exemple, la perception visuelle ne peut pas être communiquée verbalement. Par conséquent tout les dialogues d'entretien sont faux. On dit que l'entretien guérit le psychologue mais pas le patient. La situation semble neutre dans la bouche de l'individu alors qu'elle a peut être été vécu comme une agression. Le fait que l'individu se soit mis lui-même dans une situation difficile est totalement négligé. Le souvenir perceptif a un composant qui a été agressé, forcé et qui reste en souffrance dans l'individu. C'est le début d'un symptôme : problèmes d'apprentissage, d'addiction, de dépression au travail, des phobies, des paralysies, etc. L'hallucination est le souvenir exact donc celui du sens perceptif en cause. La thérapie consiste à identifier le sens perceptif malade et à le modifier par hypnose. L'hypnose provoque une dissociation des sens perceptifs qui isole le sens enflammé ce qui permet de le rétablir au niveau normal sans toucher aux autres sens. Cette méthode a une certaine efficacité reconnue mais les principes de base et l'épistémologie nous paraissent incorrects.

L’homme pulsionnel

Qu'est-ce que nous retenons de l'action. Nous voyons que les contenus des actes élémentaires n'ont aucune incidence sur l'action. Peu importe que l'objet regardé soit un paysage ou un robot. L'essentiel est dans le fait que l'action suit un certain nombres d'étapes imposées. L'action est un processus de changement de perception. Et cette perception n'est pas une adaptation puisqu'elle est imposée à l'individu quelque soit la situation. Il n'y a pas de situation2 comme il n'y a pas de classe d'actions infranchissables. Ce qui est fondamental c'est que l'individu doive toujours retomber dans un changement et c'est ce que nous allons analyser.

Nous partons de l'idée que le changement est un entre-deux psychologique, un intervalle. Or il existe un acte d'intervalle bien connu qui est la dissociation. Il en résulte que l'action est une répétition de dissociations.

Dans d'autres articles nous avons analysé des faits plus ou moins anodins dont certains étaient des faits de dissociation. Et nous pouvons dire que l'expérience la plus forte de dissociation est provoquée par l'autorité.

L'autorité établit, en surgissant devant le Soi et en bloquant le passage, sa supériorité par un discours. Ce discours est vain et suffisant mais c'est une attitude qui montre que le maître est celui qui est autorisé à parler dans un lieu pour concentrer un public.

L'autorité est celui qui se porte au devant du site, comme étant l'hôte du site, et qui va indiquer la direction à prendre pour commencer l'action. Grâce à l'autorité, l'individu qui avait perdu sa localisation dans une angoisse galopante, retrouve subitement un sens très ferme. Ce sens est la direction indiquée par le regard détourné de l'autorité.

En fait ce regard détourné est comme une distraction de l'autoritaire, un soucis. Il est perturbé par un bruit qui vient couper son discours. Mais le résultat est que le Soi tourne par copie son regard. Le Soi est capté par un sens. Et ce que le Soi peut découvrir, c'est un autre présence dans le site. La dissociation est le sentiment d'une présence non élucidée alors que le discours de l'autorité repart ce qui place l'individu entre deux présences (voir note 2). L'individu ressent une paralysie qui est produite par la perte des buts visibles. A partir de là, il n'y a plus de lieu dans l'imaginaire; il y a une néantisation de l'espace. Mais cette forme de vision d'une scène sans aucun décor n'est pas un vertige3. Elle est au contraire captivante, irrésistible. Un lieu sans aucun obstacle.

Nous espérons que vous êtes revenus de votre dissociation. Il est évident que nous décrivons l'expérience dans l'abstrait. Nous sommes contraints de rester dans une généralité abstraite qui peut gêner certains lecteurs car une expérience concrète ne peut que paraître particulière sans force de vérité.

Et qu'est-ce qui apparaît au bout de cette expérience ? Eh bien ! C'est justement l'autre de l'individu, celui dont nous avons montré plus haut la nécessité pour que l'individu réussisse son acte. Voilà comment l'autre fait son entrée dans la place et voilà notre individu contraint d'entrer en relation avec l'autre pour pouvoir avancer. L'individu doit écarter l'autorité de son chemin pour se buter sur l'autre.

Il se produit une chose. A partir du moment où l'individu se met à commenter son existence, il va être attiré par des individus qui parlent. Et ces individus s'adressent à d'autres individus. C'est la découverte de la relation. La relation répond au désir de parler.