Le Langage

Le Langage

Chapitre 2

Le langage

Qu'est-ce qu'un individu, pour un philosophe, en dehors de tous besoins ou nécessités ? Nous avons vu les réponses de thérapies reconnues sur les représentations données par les sens et les sentiments.

Nous avons déduit qu'un individu passe sa vie, en dehors des besoins, à déterminer ses capacités dans l'imagination. La conséquence est qu'un individu ne vit pas dans sa représentation mais qu'il tend, qu'il est attiré vers une nouvelle représentation. L'individu ne fait que renouveler sans cesse sa représentation.

D'autre part, tous les thérapeutes s'accordent sur le fait que l'individu humain possède une faculté supplémentaire aux autres espèces, supplémentaire aux sensations et sentiments, faculté qui est le langage. Nous allons donc regarder l'effet du langage sur la représentation.

Les limites du langage

Nous oublions toutes les théories du langage depuis 1850 jusqu' à 1950 et nous repartons de l'observation courante. Vous voyez ce piéton misanthrope et renfermé dans la rue ? Nous le braquons dans un coin et nous lui extorquons une définition du langage. Il nous répondra que le langage est de la parole et aussi de la pensée. Bonne idée à repenser.

La parole est le langage de l'autre de la représentation de l'individu et la pensée est le langage du moi de l'individu.

Le langage est d'abord une culture primitive. Il a permis le développement des cultures. N'oubliez pas que l'autre est l'autre de la représentation de l'individu, le moi-autre, et non pas l'autre réel. Le moi-autre est la pensée sans sentiment. Les deux langages sont utilisés par un individu.

Idées de la PNL

La PLN a émis une hypothèse très importante en disant que les mots du langage étaient des ancres psychologiques (cf. Derrière la magie, op. cit. p. 102 : "Le mot est un signe (une ancre) qui revoit à une signification et c'est celle-ci qui est reliée chez une personne donnée à une ou des expériences passées et aux quadruplés (VAKO) qui la constituent. " Qu'est-ce qu'une ancre psychologique ? L'ancre est un sensoriel ou un auditif qui sert à diminuer l'importance d'une autre sensation en s'y accrochant. Les mots sont considérés en pln comme des effets secondaires qui s'ajoutent à des sensations pour en calmer les effets qui seraient irrépressibles. Lorsqu'un chef de tribu parle, il le fait dans un but d'apaisement des assujettis. Expliquons mieux : le mot dans une pensée est lié, ancré, à une image de l'imagination. Cette image paraît comme une vue extérieure. Cette vue touche le soi qui génère un sentiment. En définitive, l'image de l'imagination est liée au mot par la médiation du sentiment. D'autre part, il semble que la pln fasse un usage généralisé du mot sensation. La sensation, c'est l'acte par exemple, pour le regard, c'est la visée alors que le sentiment c'est la beauté.

Analyse de la pensée

Les mots sont donc venus, lourds et encombrants ; ils attirent une image de la représentation et ils s'effacent. Mais ce que nous décrivons là est uniquement valable que pour la pensée de représentation du soi. Or cela ne suffit pas. Le mot d'entrée dans la pensée est vague et laisse dans le doute. Il est donc repris par un moi-autre qui fait un développement ou une analyse de tous les détails. L'image ayant été faite sert de support à cette analyse. Dans le cadre de la recherche de nos déterminations, nous avons donc deux types de pensée : une pensée symbolique qui attire une image et une pensée analytique qui décompose une image donnée. Ces deux pensées ne sont pas forcément groupées même si elles sont reliées par une image. Mais attention ! Il ne s'agit pas d'images de perception visuelle. La pensée ne part et n'aboutit qu'à de l'imagination. La pensée est déconnectée de la perception. Les mots servent d'ancres et les pensées sont liées à l'image pendant un certain temps. Nous avons donc la pensée d'un moi-soi et les pensées d'un moi-autre. Les réflexions rationnelles et matérielles sont pas à considérer ici. Ce sont les pensées des autres. Ces réflexions-autres sont neutres alors que les pensées du moi sont pleines de sentiments.

Comment bien penser

Les thérapeutes utilisent la communication verbale comme outil principal. Ils ont mis au point une technique de développement de conversation qu'ils nomment le méta-modèle. Ce modèle est une méta-conversation qui structure la conversation de base. Par exemple, si vous dites "j'ai peur" le méta-modèle fera répondre sans réfléchir "de quoi ?" au lieu de "je comprends" qui a moins de valeur dans une analyse.

La psychanalyse préfère éviter toute intervention et toute conversation pour ne pas (dés-)orienter le sujet en supposant que la mauvaise représentation est cachée par refoulement. D'aucuns diront que l'association libre est la pensée ici en cause et que l'inconscient est le soi mais je recommande de l'oublier.

Le structuralisme n'a rien engendré. Il y a structure seulement dans la réflexion et non dans la pensée lorsque cette réflexion crée des groupes d'objets ou d'individus, lorsqu'elle catégorise, lorsqu'elle manipule la réalité en parties et ensembles abstraits comme ce que j'écris dans ces paragraphes. Difficile d'y échapper lorsqu'on parle des autres dans la réflexion mais on ne peut pas en trouver des fondements. La structure est la relation entre ces parties. Mais il va bien falloir admettre que le moi n'est pas une chose, le moi n'est pas réel.

Suivant notre analyse de la pensée ci-avant, je pense qu'il faut mieux rechercher les pensées qui provoquent une image ce qui est d'ailleurs suggéré dans le méta-modèle.

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