Notre Représentation

NOTRE REPRESENTATION

25 août 2020

Notre représentation

Le langage

Limite de la représentation

 

Chapitre 1

Tout individu passe une grande part de son temps à se connaître pour pouvoir s'engager dans des actions avec assurance. L'individu reconnaît et classe soit des comportements sensoriels soit des représentations imaginées. La dessus, il vient s'établir dans le langage, soit dans la pensée ou la parole.

Savoir et limite de la psychologie

Voilà toutes les bases de l'individu qu'il faut considérer. Dans les années 1980, une psychologie, la PNL, est arrivée en Europe avec des idées précises sur ces bases. Actuellement , en 2020, la PNL est toujours d'actualité mais masquée comme une technique particulière dans des psychothérapies (citons au moins un exemple: "Derrière la magie", J. Cayrol, De Saint Paul, 1984, éd 2005 InterÉditions qui va me servir de référence principale uniquement par commodité ). Il nous paraît intéressant de reprendre certains concepts.

La première observation que l'on peut faire est que les comportements sensoriels et imaginés plus le langage tels que considérés dans la pnl sont essentiellement nos défenses contre une réalité extérieure agressive. D'un côté, on doit s'y attendre puisqu'on a recours à la pnl uniquement que pour se dégager soit d'un malaise interne soit d'un trauma externe. Si on a recours au plniste, on nous dira que c'est parce que nos défenses ne sont plus adaptés, notre situation réelle ayant changé. Le langage même est pris comme arme défensive. Le langage est surtout utilisé dans la conversation; la communication est réactive; la pensée est peu considérée. On se rend compte que la pnl est focalisée sur les comportements extérieurs et les sensations. Le traitement d'un trouble, par exemple un trauma, consiste à rajouter une seconde sensation derrière la sensation de peur ce qui la réduit à l'anodin.

La représentation

Or l'individu passe les trois-quarts du temps à  reconnaître ses représentations intérieures et donc les sentiments. Le sentiment est la seule marque d'une action extérieure sur l'imaginaire. Si la chose demande autant d'effort c'est que l'individu ne peut pas les capter directement. En vérité, ces représentations sont inaccessibles. Elles sont situées dans l'imaginaire qui n'est jamais contingent c'est à dire présent au moi. L'individu ne peut que les subodorer par le moi grâce aux actes. La représentation exacte étant inaccessible, elle ne se découvre que par défaut. C'est l'être non vu, non connu par une sensation mais ressenti. La représentation se découvre comme n'étant pas vue ou comme distincte de celle de l'autre individu de ma vue. Je ne peux voir mon moi que comme différent d'un autre. Tous les individus ont la sensation d'être uniques sur la terre. Notre représentation est un mystère permanent et c'est pourquoi certains individus se donnent des manières d'être qui sont fausses et mal copiées. C'est d'ailleurs le principe même du moi : le moi copie une représentation douteuse. Mais si elle semble suffire, c'est qu'elle est bien confirmée par un phénomène réel. Elle est confirmée par le sentiment dans l'acte.

Le plniste considère que sa mission consiste à recharger nos capacités sensorielles dans l'écoute ou l'Auditif, dans le Visuel ou le regard et dans le Kinesthésique ou la sensation. Ce sont les capacités fondamentales (VAK) de la PNL (plus O pour Olfactif ). Toute représentation du monde réel de l'individu est composée dans une ou deux de ces formes sensorielles. Le VAKO est l'objet principal de la thérapie pln.

Ce que dit la psychanalyse

Il existe une autre thérapie psychique qui s'intéresse au sentiment, c'est la psychanalyse. Si l'individu tombe dans une dépression c'est qu'il ne connaît qu'un sentiment unique et fixe. Le moi est une représentation construite, qui est provisoire par essence. Le moi est constamment en recherche de nouveaux sentiments. Si l'individu reste fixé, c'est que le sentiment a été importé d'un autre individu qui est une autorité non accessible. La psychanalyse essaye de retrouver la scène de contamination, scène dite "primitive" pour en changer le sens.

Une vision différente

Dans tous nos essais, en partie de philosophie (en tant que psychologie individuelle), nous avons mis en avant un axiome totalement différent car l'individu n'utilise ses capacités uniquement que pour lui-même, complètement en dehors du monde des autres. Toute sensation apportée par un autre n'influence pas sa représentation. La sensation n'intervient que dans l'acte et n'est pas considérée. D'autre part, pour nous, le langage c'est d'abord la pensée puisque la parole, c'est la conversation donc une relation subie à l'autre. La conversation est d'abord une défense du moi contre un autre en tant que, nous l'avons vu, différent, à représentation différenciée qu'il faut réfuter. Dans la seconde partie de nos essais philosophiques, nous avons essayé de montrer les suites des relations du moi aux autres avec des petits récits subjectifs d'actions. La sensation ne change rien.

Le monde a changé. Commencement que nous voyons mal. Nous avons aujourd'hui la capacité de remplacer les autres par des robots sinon par un système numérique. C'est ce que nous avons cherché dans ces systèmes : le remplacement des autres. Mais ce n'est pas pour bannir toute relation. C'est la relation avec l'autre qui est différente. On va nous rétorquer que la relation hommes-femmes s'est totalement appauvrie puisqu'elle se fait par réseaux numériques mais les témoins parlent d'abord de changement plus que de fin. Tout ceci nous montre que l'individu ne change pas sous l'action du monde mais il se change de lui-même.

 

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Limite de la représentation

CHAPITRE 3

Limite de la représentation

L'objectif

Ces concepts primaires étant posés,  je veux dire la détermination de soi, le désir d'acte,  c'est à dire la réalisation concrète du soi et non du ou des moi, l'usage des sentiments au lieu des sensations pour se guider, bref les capacités de l'individu nouveau, autonome. Voilà ! il est temps d'exposer cette créature, cet androïde que nous devons rencontrer, affronter dans ces temps actuels une fois éliminés tous ces relents passés, toutes ses vieilleries des anciens c’est-à-dire cet esprit de la fin du XXe. Il faut retrouver le sens de l'existence de cet individu c'est à dire ses représentations. Voilà ! je connais le sens de l'existence de l'individu d'aujourd'hui et en tant qu'écrivain je vous le livre puisque c'est l'objet de mon acte.

Un détour de la pensée

Notre androïde s'est sérieusement dégradé à ramper dans les rues comme  Leopold Bloom dans Ulysse de James Joyce dans Dublin. Il est donc contraint comme Bloom de se compromettre dans une gargote populaire de la cité. Ce qui le détermine,  c'est comme pour Bloom, ce n'est pas de profiter du service de restauration  mais de noter toutes les compromissions exposées dans ce lieu comme des défoulements de la société des rôles : le sous-préfet rigole de l'histoire du commerçant qui ne peut pas lui arriver. Histoire de qui ? De celui qu'on a enterré ce matin. Bloom a une oreille sélective. Il entend sous le brouhaha. Mais il entend surtout les informations commerciales : il paraît qu'on aurait besoin de cuivre. Autrement dit, Bloom était un pigeon de Dublin du XXe siècle.  Il ramassait les miettes du commerce. Il faisait fonction d'agent commercial à Dublin en 1904. Il gardait le bouche à  oreille comme il gardait ce savon, qu'il avait acheté parce que rare, dans une poche de son pantalon large de citadin demi-errant qui récupérait des choses en passant dans des grandes poches et oreilles. C'est gênant un savon dans une poche. Ça pourrait être pris pour ... Mais Bloom était le mari ou le valet d'une chanteuse, c'est selon, vedette assez grande de la ville. Il avait son intérêt. Moi aussi, ne suis-je pas comme un Bloom plus d'un siècle plus tard ? Je vivais bien en gardant des représentations que j'essayais de retrouver pour les raconter. En le pensant, je relevai la tête ; la barman se mit tout de suite à venir vers moi alors que je ne voulais rien. J'eus un choc en la voyant. Elle était très grande. Mais je compris qu'il y avait une estrade derrière le bar. Elle me dit "cinq". Sur le coup, je ne compris pas la signification de ce mot cinq. Je restais bloqué. Je l'entendis de loin me proposer un petit remontant car je n'avais pas l'air bien. "- Ça fera sept en tout". C'était vraiment une beauté. Je hochai la tête sans dire mot. Lorsque je réussi à la regarder en face, elle détourna la tête aussitôt. On ne pouvait pas se regarder. Elle se tourna et se mit à me lancer des regards noirs de côté. Allons bon, elle va bien me faire perdre toutes mes idées ! Je ne pouvais plus réfléchir.

J'étais en train de sentir mes déterminations, mes capacités, mes pouvoirs. Je pensai à Bloom pour me différencier. J'étais presque satisfait et voilà que cette identification était réduite à zéro par le regard d'une femme. Je n'étais plus que traîné vers elle. Je n'avais plus aucune base. J'étais en effondrement. Si encore la femme pouvait me lâcher, couper la séduction comme il arrive souvent, je pouvais peut-être retrouver mon passé, me reconstruire mais elle ne faisait rien. Appelez le 18. C'est un échappé. Un serveur me proposa un siège pour ne pas tomber. Je devais être affalé.

Diagnostic

Un lecteur trop attentif pourrait comprendre que nous recommandons la séduction pour une thérapie. Ce n'est pas du tout notre sujet qui est notre représentation.

Pourquoi cette perte de capacité, d'autonomie psychique ? Le psychisme n'est-il pas lié indissociablement au corps et au comportement ? On peut bien comprendre que le psychisme a le contrôle du comportement, qu'il est autonome mais moins qu'il risque de  changer d'un bloc, sur le coup. Cela revient à dire qu'on aurait plusieurs psychismes différents au cours de l'existence. On doit donc oublier l'acception commune du mot psychisme et j'ai repris le terme de pulsion. L'hypothèse de pulsions en nombre induit effectivement qu'elles soient séparées, indépendantes et autonomes. La pulsion peut être changée par un objet ou par un autre individu rencontré au hasard comme dans mon exemple. Ce terme de pulsion a été avancé par de nombreux auteurs : l'inconscient comme réserve de pulsions. Mais malheureusement, on ne précise pas l'essence de la pulsion ; la pulsion est … "structurée comme un langage". Nous estimons que Lacan voulait dire que la pulsion est une forme de langage. Le rêve est une sorte de langage. Mais c'est l'évidence : le rêve est de la pensée. Lacan ne connaissait pas la pensée. Il la confondait avec la réflexion. La preuve en est qu'il avait un autre : Freud. La pulsion est la représentation visuelle d'un acte accompli par une instance. La pulsion est une image. Une image avec des bruits mais sans langage structuré. Pour l'individu, cette image a un sens très fort parce qu'elle est différente de sa représentation actuelle. On voit l'écart avec Freud dans "Totem et Tabou". Freud nous dit qu'on entre en rébellion dans cette phase de changement de psyché. Mais nous ne le voyons pas ainsi. On n'entre pas en rébellion mais en différenciation : je n'ai pas ce totem-là. La représentation de l'individu est alors complètement changée car la représentation est induite par la pulsion. Le pouvoir donné par la représentation est à reconstruire. Le pouvoir n'est pas à confondre avec l'autorité; le pouvoir c'est l'identité. Il n'y a pas de pouvoir dans cette phase et donc l'autorité n'a rien à détruire, pas de rébellion même inscrite dans l'organisme. L'idée de rébellion ne se trouve pas là. C'est une fausse association. L'acte de révolte n'est pas dans ce sujet de représentation et comme c'est un vaste sujet, nous ne pourrons pas nous y étendre. Nous disons seulement que la révolte vient de ce que l'individu reste non assimilé  dans son cadre social. Il se perçoit comme inexistant dans son milieu social. La représentation n'est pas totalement inaccessible mais elle est d'abord difficile. Si le milieu extérieur est fermé elle reste inconnue.

Nous ne savons pas nous représenter. Nous sommes dans l'incertitude. Pourtant il y a une piste intéressante : le sentiment. Le système des sentiments génère le système des valeurs comme celui de la morale. C'est, par exemple, le bien, le beau, le sensuel, le vrai, etc. Or le sentiment se lie à la pensée. Il en résulte que les pensées sentimentales sont des indices, les symboles, de notre représentation du moi.

 

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Le Langage

Le Langage

Chapitre 2

Le langage

Qu'est-ce qu'un individu, pour un philosophe, en dehors de tous besoins ou nécessités ? Nous avons vu les réponses de thérapies reconnues sur les représentations données par les sens et les sentiments.

Nous avons déduit qu'un individu passe sa vie, en dehors des besoins, à déterminer ses capacités dans l'imagination. La conséquence est qu'un individu ne vit pas dans sa représentation mais qu'il tend, qu'il est attiré vers une nouvelle représentation. L'individu ne fait que renouveler sans cesse sa représentation.

D'autre part, tous les thérapeutes s'accordent sur le fait que l'individu humain possède une faculté supplémentaire aux autres espèces, supplémentaire aux sensations et sentiments, faculté qui est le langage. Nous allons donc regarder l'effet du langage sur la représentation.

Les limites du langage

Nous oublions toutes les théories du langage depuis 1850 jusqu' à 1950 et nous repartons de l'observation courante. Vous voyez ce piéton misanthrope et renfermé dans la rue ? Nous le braquons dans un coin et nous lui extorquons une définition du langage. Il nous répondra que le langage est de la parole et aussi de la pensée. Bonne idée à repenser.

La parole est le langage de l'autre de la représentation de l'individu et la pensée est le langage du moi de l'individu.

Le langage est d'abord une culture primitive. Il a permis le développement des cultures. N'oubliez pas que l'autre est l'autre de la représentation de l'individu, le moi-autre, et non pas l'autre réel. Le moi-autre est la pensée sans sentiment. Les deux langages sont utilisés par un individu.

Idées de la PNL

La PLN a émis une hypothèse très importante en disant que les mots du langage étaient des ancres psychologiques (cf. Derrière la magie, op. cit. p. 102 : "Le mot est un signe (une ancre) qui revoit à une signification et c'est celle-ci qui est reliée chez une personne donnée à une ou des expériences passées et aux quadruplés (VAKO) qui la constituent. " Qu'est-ce qu'une ancre psychologique ? L'ancre est un sensoriel ou un auditif qui sert à diminuer l'importance d'une autre sensation en s'y accrochant. Les mots sont considérés en pln comme des effets secondaires qui s'ajoutent à des sensations pour en calmer les effets qui seraient irrépressibles. Lorsqu'un chef de tribu parle, il le fait dans un but d'apaisement des assujettis. Expliquons mieux : le mot dans une pensée est lié, ancré, à une image de l'imagination. Cette image paraît comme une vue extérieure. Cette vue touche le soi qui génère un sentiment. En définitive, l'image de l'imagination est liée au mot par la médiation du sentiment. D'autre part, il semble que la pln fasse un usage généralisé du mot sensation. La sensation, c'est l'acte par exemple, pour le regard, c'est la visée alors que le sentiment c'est la beauté.

Analyse de la pensée

Les mots sont donc venus, lourds et encombrants ; ils attirent une image de la représentation et ils s'effacent. Mais ce que nous décrivons là est uniquement valable que pour la pensée de représentation du soi. Or cela ne suffit pas. Le mot d'entrée dans la pensée est vague et laisse dans le doute. Il est donc repris par un moi-autre qui fait un développement ou une analyse de tous les détails. L'image ayant été faite sert de support à cette analyse. Dans le cadre de la recherche de nos déterminations, nous avons donc deux types de pensée : une pensée symbolique qui attire une image et une pensée analytique qui décompose une image donnée. Ces deux pensées ne sont pas forcément groupées même si elles sont reliées par une image. Mais attention ! Il ne s'agit pas d'images de perception visuelle. La pensée ne part et n'aboutit qu'à de l'imagination. La pensée est déconnectée de la perception. Les mots servent d'ancres et les pensées sont liées à l'image pendant un certain temps. Nous avons donc la pensée d'un moi-soi et les pensées d'un moi-autre. Les réflexions rationnelles et matérielles sont pas à considérer ici. Ce sont les pensées des autres. Ces réflexions-autres sont neutres alors que les pensées du moi sont pleines de sentiments.

Comment bien penser

Les thérapeutes utilisent la communication verbale comme outil principal. Ils ont mis au point une technique de développement de conversation qu'ils nomment le méta-modèle. Ce modèle est une méta-conversation qui structure la conversation de base. Par exemple, si vous dites "j'ai peur" le méta-modèle fera répondre sans réfléchir "de quoi ?" au lieu de "je comprends" qui a moins de valeur dans une analyse.

La psychanalyse préfère éviter toute intervention et toute conversation pour ne pas (dés-)orienter le sujet en supposant que la mauvaise représentation est cachée par refoulement. D'aucuns diront que l'association libre est la pensée ici en cause et que l'inconscient est le soi mais je recommande de l'oublier.

Le structuralisme n'a rien engendré. Il y a structure seulement dans la réflexion et non dans la pensée lorsque cette réflexion crée des groupes d'objets ou d'individus, lorsqu'elle catégorise, lorsqu'elle manipule la réalité en parties et ensembles abstraits comme ce que j'écris dans ces paragraphes. Difficile d'y échapper lorsqu'on parle des autres dans la réflexion mais on ne peut pas en trouver des fondements. La structure est la relation entre ces parties. Mais il va bien falloir admettre que le moi n'est pas une chose, le moi n'est pas réel.

Suivant notre analyse de la pensée ci-avant, je pense qu'il faut mieux rechercher les pensées qui provoquent une image ce qui est d'ailleurs suggéré dans le méta-modèle.

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