Nouvelle synthèse

Nouvelle synthèse

De la pensée 

La pensée sous deux modes principaux

Les différents types

Dans le passé

De la pensée

Dans l'essai intitulé Le Pouvoir, j'ai indiqué que l'on peut distinguer un mode de pensée commun que l'on dénote dans l'histoire politique. Après avoir caractérisé ce mode de pensée, je l'ai nommé pensée du pouvoir. De même, dans un autre essai intitulé La Solution, j'ai voulu caractériser un second mode de pensée que j'ai nommé la pensée intentionnelle. J'ai indiqué que l'on pouvait trouver chez tout individu bien plus que deux modes de pensée. J'ai introduit la pensée de localisation, la pensée de transcendance, la pensée de dominance, la pensée fonctionnelle ou de pouvoir, la pensée de but ou d'intention, etc.

Ce que j'appelle pensée n'est pas la parole. Ce sont des bribes verbales, des syntagmes, qui viennent spontanément au devant d'un perçu. Les pensées nous échappent et paraissent reçues des autres. De fait, nous puisons dans une réserve en aveugle. La pensée est une voix qui produit une vision fugitive. C'est une vision de ce qui nous manque dans la vue du vécu relativement au désir. La pensée ultime est la révélation.

A l'inverse, la pensée rationnelle ou la pensée utilitariste est en fait un discours, donc une parole construite et non une pensée libre. Vous êtes à lire une réflexion écrite qui n'est pas de la pensée. La réflexion vise une expression verbale d'une vision. C'est donc le chemin inverse de la pensée.

Non seulement je distingue plusieurs modes mais bien plus, je distingue deux classes fondamentales de pensée dans l'essai Essai sur les Actes et j'ai montré deux structures de pensée en utilisant des modèles logiciels dans deux chapitres : le sens et la vérité. Il y a la pensée qui donne du sens et la pensée du vrai ou de la confirmation. Je me suis demandé comment les combiner sans contradiction dans un seul individu. Je me suis rendu compte qu'il n'y a aucune combinaison possible par essence et pourtant les individus utilisent les deux pensées. C'est donc qu'elles arrivent alternativement. Quel est alors le facteur de passage de l'une à l'autre ?

La pensée sous deux modes principaux

Dans l'essai sur La Relation, j'ai marqué ma croyance, induite par mon modèle de psychisme, que le petit enfant se retrouvait devant une fourche de deux modes perceptifs. Je suis profane en psychiatrie et j'ai constaté des changements multiples de vocabulaire au fil des ans. Pour me faire comprendre, j'ai parlé de structure psychotique ce qui était pour moi : paranoïa ou hystérie et mode névrotique ce qui me semblait être l'obsessionnalité ou la neurasthénie. Je sais que ce classement ne correspond pas au modèle sémiologique actuel pais peu importe car je veux parler de troubles chez l'adulte exclusivement et non pas de troubles d'origine somatique.

L'enfant ne choisit pas de mode, il est bien trop petit. Par conséquent, il se place dans une moyenne des deux modes, dans une composition. C'est ce que nous appelons la normalité psychique. Il va de soi que cette normalité est variable et fluctuante pour tout individu. Cette pseudo-normalité est sans norme. Je rappelle que l'individu n'a pas de contrôle sur son psychisme comme sur ses sens perceptifs.

Les différents types

Dans tous les diagrammes de structure que j'ai donnés à titre d'illustration de la théorie, j'ai montré les deux voies qui forment la vision finale d'un perçu : le Moi et le vécu et de l'autre, le Soi et l'imaginaire, la stimulation de l'imaginaire par l'autre réel, le transfert et l'acte final qui est libération de l'imaginaire et retour au vécu qui peut être mis en attente grâce à la pensée. La pensée est donc une sortie dérobée de l'imaginaire vers le vécu perturbant. C'est ce qu'on retrouve dans l'expérience où l'on sent que la pensée fait la clôsure d'un vécu troublant qui redevient acceptable. De même, il y a l'incompréhension et l'incertitude qui sont différentes.

En disant qu'un mode de pensée est structuré par l'imaginaire, nous montrons tout de suite que c'est une partie de l'imaginaire qui est mise en jeu. C'est cela qu'il faut comprendre. Mais il y a plus. Comme le montre les diagrammes, il y a toute une part initiale de l'imaginaire qui ne produit aucune pensée. Mais alors je serais en contradiction ? En effet, la seule production de l'imaginaire des enfants est du sentiment. Chez l'adulte il y a une pensée verbale mais chez l'enfant, il n'y a que du sentiment, du sens. Chez lui, une pensée en entraîne une autre. D'où vient la différence ? Chez l'adulte, l'imaginaire attend un objet réel alors que chez l'enfant, l'imaginaire attend un adulte qui lui montre l'acte. L'acte de l'autre donne le sens alors que l'objet donne le vrai, notre confirmation de l'existence, notre point de contact au réel.

On voit alors que le fondement des troubles psychotiques, c'est la domination totale du sens sur l'individu. Le maître est absent, le lieu est vide. Alors que le trouble névrotique chez l'adulte, c'est la domination de l'objet et le blocage de l'imaginaire. L'objet reste introuvable.

Dans le passé

Pour comprendre cette synthèse conclusive, il faut se persuader que la croyance , l'irrationnel, le non-réfléchi est une part immense de notre vécu. Il n'y a pas que l'utilitarisme qui fonde le vécu et donc l'action de l'individu. Il faut comprendre que le non-réfléchi n'est pas moins efficace que le rationnel puisqu'il est toujours acquis de la vue d'un autre. On peut dire que le sens est le fondement de l'espèce humaine et que le vrai n'est qu'une évolution, un ajout. Au néolithique (j'entends vers 3000 av. J.C.) des hommes fabriquaient des grosses haches et des bifaces. Certains se sont mis à fabriquer des bijoux très petits et très fins. Donc des objets vrais sans utilité. Notez que le fétiche qui renvoit à un individu tel que le mégalithe est énorme et grossier. Je range donc tous les objets grossiers comme objets de communication et les petits objets comme objets d'échange. Mais ce n'est qu'une interprétation. C'est une évolution que l'on retrouve chez les individus actuels.