La conscience

Sur les Pensées

La conscience

Thérapie et vie courante

Le sentiment du sens

 ***

La conscience

Entrée dans la pensée

Le savoir

La boucle

 

La conscience

Ce que nous appelons "conscience" est une impression diffuse et continue de notre corps organique.

Impression veut dire emprise. Certains disent attention, veille. Diffuse car c'est une impression globale. Il n'y a pas d'objet, d'arêtes, de vide. Continue, est plus douteux car il y a des achoppements mais ces achoppements sont immédiatement ignorés, oubliés, sans trace. On passe dans une autre existence sans hésitation, sans choix. Le corps organique est le corps anatomique des organes. Ce n'est pas le corps propre de l'imaginaire qui est la silhouette du soi.

L'achoppement type est une perte ponctuelle d'impression par un détournement provoqué par un bruit ou une vue d'objet. Il faudrait bien saisir le type de ce facteur et nous y reviendrons. L'achoppement est une inhibition ponctuelle de la conscience.

 

Entrée dans la pensée

Mais attention ! Si un bruit ou une vue provoque une inhibition de conscience sur une partie du corps, il y a apparition d'une pensée d'un acte suivie d'une vision de cet acte qui porte sur ce point du corps. C'est une pensée automatique avec vision symbolique. L'acte est associé comme un symbole à un organe du corps. C'est la phase d'action. Cette phase est ressentie avec un mal- être. Notez que nous parlons d'acte et non d'action. Si, par exemple, vous éprouvez une paralysie motrice ponctuelle, vous avez la pensée visuelle de marcher mais cette marche est une fuite angoissée. Mais les sentiments ne sont pas systématiquement négatifs. Ils le sont pour l'acte de se déplacer ou de se localiser. Pour le regard ou le toucher, par exemple, ils sont positifs et très intenses.

 

Le savoir

La vision symbolique est suivie à son tour d'une seconde pensée qui est une pensée simulant un savoir ou une compréhension. Le savoir est une suggestion donc une idée connue, un concept pris dans une idéologie. Cette phase est ressentie comme une libération ou une compréhension. C'est la rétroaction. Allons jusqu'au bout de notre acte : lorsque vous aurez eu la vision imaginée de votre moi marchant et si rien ne s'y oppose, vous vous mettrez à marcher par nécessité. De façon conceptuelle, on peut remarquer que c'est le corps organique, en coupant le flux de conscience qui amène en avant le besoin d'un organe à être satisfait par un acte déterminé grâce à la synchronisation par la pensée et le signal de reconnaissance du sentiment donné dans la pensée.

 

La boucle

La boucle action-rétroaction est donc ce qui produit l'inhibition de "conscience", son effacement, le détour vers la réalité. Cette boucle est assez longue et il peut se produire quelques blocages dans le courant. Elle peut être coupée et puis reprise et synchronisée.

Vous suivez ? Après tout, ce n'est que la théorie initiale de Freud dans ses premiers textes sur l'hystérie, textes qui paraissent tomber dans l'oubli mais que certains auteurs ont repris à analyser (comme J. Nassif : Freud L'Inconscient, éd. Galilée ou bien L'Apport Freudien, éd. Bordas, et bien d'autres). Disons que c'est une suggestion de la théorie de Freud néanmoins nous resterons assez éloignés de la psychanalyse pratique. 

D'autre part, nous ne tenons pas à en rester au niveau  de quelques constations qui ne sont pas même des découvertes. nous voulons revenir à des idées pratiques d'un penseur de psychologie personnelle donc de philosophie. Essayons mieux de trouver des preuves de cette boucle du psychisme.

Thérapie et vie courante

Thérapie et vie courante

Les actes de thérapie

L'entrée

Le principal

Les actes de thérapie

Nous avons parlé de Freud en référence mais la théorie de l'hypnose est également très proche de notre modélisation. Regardons donc la technique de l'hypnothérapie telle qu'elle est montrée à travers des études. Je me réfère à l'ouvrage de Mike Bryant et Peter Mabbutt, édition Pour Les Nuls de First-Gründ, 2007.

Au début de l'ouvrage, p.27, vous trouverez : "Vous est-il déjà arrivé de penser à  deux choses à la fois, de passer sous pilote automatique quand vous faisiez quelque chose, presque pas conscient de la tâche à accomplir tant vous êtes concentré sur un autre élément ? Votre esprit semble alors divisé en plusieurs parties qui semblent toutes fonctionner indépendamment de l'ensemble. C'est ce qu'on appelle la dissociation."

Cet "ensemble" vague est celui de l'esprit. C'est l'impression d'être, la présence à soi, c'est donc la conscience telle que nous l'avons catégorisée. La dissociation qui est la technique de base consiste donc à mettre en avant une "partie" donc un organe du corps des organes.

La dissociation a pour but de couper les sentiments qui vous contraignent à suivre une répétition d'actes. La pratique courante consiste à abaisser la vue pour mettre l'imagination en avant. Se voir en imagination fait oublier le corps puisque vous voyez un autre corps qui est le corps propre ou la silhouette du soi.

L'entrée

Nous entrons donc bien dans la phase 1 avec des sentiments mêlés de perte de repères ou de lieu. Pour les auteurs étudiés commence la "thérapie des parties" : " Identifiez la partie incriminée" qui est la partie (soit l'organe) défaillante. Le but est de la rendre positive donc se libérer d'une tension qui perturbe la "conscience globale" comme nous l'avons indiqué. En fait, dans le livre en référence, il n'est pas question d'organes mais des actes qui émanent de l'organe sans le préciser, par exemple : comment arrêter de fumer, de boire, de s'empiffrer, etc. Nous sommes bien dans la pensée symbolique. Les objets ou buts sont associés à des comportements compulsifs. Ces comportements sont caractéristiques d'un organe ou d'une fonction organique qui se répète en boucle. Cela engendre le malaise et l'attente ou l'intention de rompre la boucle.

 

Pour un individu non compulsif, il est inutile de passer par un autre puisque l'autosuggestion qui fait sortir de cette phase 1 est trouvée automatiquement dans l'idéologie ou la technique. Mais l'individu compulsif se caractérise justement dans la perte d'une domination par l'autre psychique qui est le Sur-A. Ce Sur-Autre a ordonné cet acte et puis il a disparu ce qui entraîne qu'un ordre, une suggestion ou un sens différent de l'existence ne peut être trouvé. Le Sur-A est ce qui crée le sens de l'acte ou le sens tout court qui fait passer d'un état dans un autre. Le thérapeute averti va donc prendre la place du Sur-A et donner une nouvelle suggestion. Il peut le faire grâce à l'état de dissociation ou état dit hypnoïde.

 

Nous entrons donc dans la phase 2, de rétroaction

 

Le principal

C'est ici qu'il y a une différence entre le processus de l'acte tel que nous le voyons et le processus de thérapie par l'hypnose.

 

Dans l'acte, nous avons vu que nous créons une pensée symbolique où des mots nouveaux se sont glissés dans une pensée anodine et de faible sens par association. Mais les mots et particulièrement ceux qui semblent avoir un double sens se transmutent en représentation visuelle de l'imagination. La pensée symbolique construit donc une image nouvelle d'un personnage en acte. Cette représentation par vision devient aussi prégnante que la découverte d'une nouvelle réalité. Elle conduit à une nouvelle pensée d'analyse de sens comme une entrée dans un monde nouveau. C'est là qu'est la suggestion. Cette seconde pensée d'analyse ne peut être forclose que par l'effectuation de l'acte de l'imagination. Tout acte est une copie d'un acte imaginé. C'est ainsi que la parole semble être la répétition d'une parole entendue. Il nous arrive parfois de dire après une parole : ce n'est pas exactement ce que je voulais dire ou encore : mes paroles ont dépassé ma pensée.

 

Dans la thérapie par contre , il est construit une image qui représente la plénitude totale. C'est la réintégration dans la totalité du corps organique de la défaillance. L'image du corps plein doit attirer l'individu sans résistance possible. La défaillance est noyée et réduite dans le corps plein. L'individu est contraint d'oublier l'image de sa particularité par une nouvelle image associée. La défaillance est réduite à un épisode dépassé de la vie.

S'il y a une différence avec l'acte, c'est que l'hypnothérapie est une action et non pas un acte. L'hypnothérapie poursuit des buts différents qui sont des compositions de buts partiels de plusieurs actes.

Pensées et actes

Pensée et acte

Pensée et langage

Le sentiment

La sensation

Dans le prolongement de notre article sur les pensées, nous livrons des réflexions complémentaires sur certains points.

Nous avons vu l'acte comme un complexe de fonctions. Étant donné que les fonctions ne peuvent pas se chevaucher, nous avons une chaîne de fonctions :

Perception >vision>pensée>vision>sentiment>réflexion>acte

Regarder n'est pas voir car regarder est reconnaître un objet-but. Regarder est un acte alors que voir est un rapport au monde sans objet. Voir est une fonction. Un acte est une suite de fonctions réunies par un but. Nous pouvons analyser chacune des fonctions.

Pensée et langage

Dans le domaine philosophique, c'est-à-dire de la psychologie personnelle de l'individu, le développement actuel des moyens de communication a donné au langage une prééminence sur toutes les formes d'actions. Par exemple, dans L'intégration Républicaine de Jurgen Habermas ( p. 40, éd. Pluriel), on nous dit : " De toute façon, le langage est le médium de coordination de l'action le plus important." Mais il est ajouté : " Les jugements moraux et les prises de position qui s'appuient sur des normes intériorisées s'expriment par un langage chargé d'émotions." Tout à coup les émotions viennent au dessus du langage pur. Les émotions, que sont-elles ? Ce sont les sentiments. Néanmoins, pour J. Habermas, les normes, en tant qu'automatismes de pensée, culture, sont le fondement des croyances. Il est clair que nous ne le voyons pas ainsi.

La pensée selon Habermas est un langage. Mais la pensée est pour nous une production d'images. Elle présente des visions. La pensée est une visée. Mais en visant une image, elle perd sa propre image. Ces visions sont donc éphémères et sans trace. Elles ne laissent que peu d'impressions. Elles n'ont aucun rapport avec un langage. Mais dans ces visions, il y a quelques paroles qui expriment une attente de vision. Ces paroles nous restent en écho après la pensée  c'est pourquoi elles viennent sur le devant de la pensée. La question de savoir pourquoi nous intériorisons des obligations sociales dans nos actes est alors résolue. Nos pensées nous montrent des visions des actes mais ces visions ont été captées dans la réalité.  Ces visions sont construites sur la base d'une réalité vue. Ces visions sont des copies des actes des autres. Le langage, par contre, ne permet pas cet échange total car une parole peut signifier plusieurs réalités.

Le sentiment

La pensée produit de plus un sentiment. Comment voir le sentiment ? C'est le sentiment qui est le ciment de nos pensées. La pensée est un produit neurologique qui a une énergie donnée. La pensée a une valeur énergétique ; elle a un potentiel. Pour donner et consommer cette énergie il faut relier deux pensées entre elles ce qui produit un flux. L'exemple de l'énergie est absolument évident. Le flux est le sentiment. Localisation, déplacement, bien-être, compréhension, beauté, accord, honte, attirance, séduction, amour … sont quelques exemples de sentiments que rencontre tout individu mais quand et pourquoi ? Dans l'action. L'action est une succession d'actes plus ou moins rapide mais dans chaque acte il émerge un sentiment différent. Il y a donc dans la subjectivité d'un individu en action plusieurs sentiments qui coexistent puisque le sentiment est rémanent. Or les pensées qui créent les actes ont une valeur qui donne une intensité aux sentiments. Les sentiments les plus anciens sont recouverts et perdent progressivement leur intensité jusqu'à disparaître.

 La sensation

Et puis il y a la sensation. Mais la sensation est purement organique et ne fait pas partie de la pensée qui est neurologique. Néanmoins, toute pensée est introduite par une sensation perceptive. Et comme la pensée vise un acte, elle se conclut par une sensation d'action. La sensation ouvre et ferme la pensée.  La réflexion est une forme de langage intérieur mais qui ferme la pensée pure visuelle en l'exprimant avec les mots. Il est possible de rajouter une sensation d'acte à la fin d'une réflexion : excitation,  chaleur, froid, tension, douleur, crampe, fatigue ... sont quelques exemples. Cette sensation peut alors appeler un sentiment acquis antérieurement. C'est une technique d'ancrage de sentiment utilisée dans certaines thérapies. Le but étant de donner un second sentiment favorable pour masquer un autre sentiment moins agréable.

Nous sommes donc très loin d'une norme de pensée acquise par une vérité de l'expérience qui se confirme et se renforce dans la mémoire. Lorsque l'on regarde les choses par une pensée propre à l'individu on voit un autre humain que celui qui recopie des normes acquises de gré ou de force par la contrainte sociale. Cet humain là, cet axiome que la masse nous a fait croire depuis des siècles, n'est plus d'actualité. Ainsi le conservatisme implicite d'Habermas, la référence à l'histoire, l'esprit spirituel indéfectible à côté du séculier, nous apparaissent sous un autre angle et nous donnent le sentiment d'un mystère sans fin. Néanmoins il faudrait comprendre et expliquer quelles sont les réalités terrestres et matérielles qui sont à l'origine de la pensée et pourquoi l'espèce humaine s'est développée grâce à une pensée supérieure ce que nous ne tenterons pas de faire maintenant. L'individu ne vit pas que dans l'instantané puisqu'il a une temporalité donc notamment un passé. L'animal vit dans l'instant. Mais l'individu est libre de ce passé. Il est moins libre du futur qui vient de la réflexion. Il faut saisir les valeurs cachées dans les références à l'histoire passée. Ce sont des contre-valeurs. En gros, nous estimons que l'être humain est guidé par des pensées schématiques primaires qui sont propres à  l'espèce humaine. Ces pensées sont exprimées dans des pulsions propres à l'espèce. Que connaît la pulsion ? Elle ne connaît que ce qu'elle voit. Mais que voit-elle ? Une autre pulsion. La pulsion ne voit qu'une pulsion en tant que matérialité terrestre. Il n'y a pas d'autre valeur dans le monde que celle de la pulsion.

Nous en restons plus prosaïquement au sentiment que nous avons comparé à un flux dans une métaphore énergétique.

Le sentiment du sens

Le sentiment du sens

Le sens

Application au rêve

En résumé

        dissociation3

L'écriture fait tomber dans un état hypnoïde mais la rétroaction de l'écriture est habituellement présentée comme une relecture (sans parole) qui donne le sens. Nous sommes complètement opposés à cette idée. L'écriture et la relecture sont deux actes différents et séparés. S'il y a lecture du dernier mot écrit avant reprise de l'écriture c'est pour la localisation de l'acte d'écriture. Tous les actes doivent être situés dans un lieu adapté qu'on appelle vulgairement le contexte. La lecture du dernier mot n'est pas une relecture mais une localisation. L'écriture est toujours symbolique dans le domaine de l'imagination mémorisée. On ne sait pas ce qu'on écrit sur le champ. Cela semble vaguement correspondre à notre idée. Mais plus tard, dans un autre but, il arrive qu'on se relise. Le sentiment est alors de retourner dans un passé, dans un temps différent de l'écriture. L'acte a donc sa localisation mais aussi sa temporalité, son sentiment de passé, présent et avenir.

L'imagination (visuelle) des situations produite par la pensée symbolique est la meilleure source du sens. La pensée abstraite ne voit que des configurations visuelles globales de signes. Le maître d'échec reconnaît des arrangements types de l'échiquier et il joue sans réfléchir. Mais la véritable compréhension des faits n'est donnée que par le sens. Nous sommes tombés sur le sens dans la pensée symbolique mais jusque là, nous n'avons fait que l'utiliser comme sentiment. Nous allons essayer de déterminer la source du sentiment du sens.

Le sens

Nous partons du fait que le sens se présente dans un passage d'une représentation psychique à une autre. La représentation est une production du psychique et non de la mémoire, donc du savoir. C'est une vision créé par la pensée visuelle et non par la pensée verbale. La représentation est complètement en dehors du pouvoir de l'individu. Elle est générée par le psychisme de l'individu et non par son savoir. Autrement dit la représentation est automatique ce qui rend sa structure type facile à déterminer. Cependant il y a plusieurs types (voir nos différents essais sur la structure imaginaire et le soi) et nous en décrivons seulement deux types principaux suivants :

  • type 1 : L'individu se localise dans un lieu 1 et il est attiré vers un lieu 2.
  • type 2 : L'individu rencontre un personnage 1 et il est entraîné vers un personnage 2.

 Vous notez que chaque structure est l'expression d'un changement et c'est ce changement qui donne le sentiment du sens. Dès lors que nous savons que la pensée symbolique qui est provoquée par la déficience d'un organe physique interne crée une représentation avec un sentiment libératoire du sens, nous pouvons trouver maints témoignages de ce procès même si ce procès est subjectif et douteux pour de nombreux individus.

Application au rêve

Le rêve est un bon exemple de pensée symbolique. Il est visuel et fait suite à la paralysie globale du corps par le sommeil. Reprenons la grande étude de Freud sur les rêves : L'Interprétation du Rêve, (Traumdeutung), 1900 d'après l'édition du Seuil de 2010. Voyons le premier rêve que Freud a soumis à interprétation, le rêve du 23/24 juillet 1895 appelé Rêve de l'injection d'Irma, page 144 :

"Une haute et vaste salle - beaucoup d'invités, que nous accueillons - parmi eux Irma, que j'emmène aussitôt à l'écart, (…)".

Nous entrons dans le type 2 dès le début du rêve. Bien entendu, Freud ne dénote pas cette structure de type 2, comme tous rêveurs, il remarque les éléments concrets de la scène, mais ça n'empêche pas que nous la remarquons avec flagrance au devant du rêve. Freud y diagnostique la satisfaction d'un désir ; peut-être, mais comment saurait-il quel est le désir en cause ? Tous les désirs se valent pour produire un sentiment d'attente mais il n'y a qu'un seul désir actif à la fois. Freud est contraint de choisir au hasard suivant une croyance c'est-à-dire une suggestion idéologique. Il rentre donc dans la phase 2 de rétroaction après avoir produit l'image de la pensée symbolique.

Page 195 : " Je rêve que j'arrive devant chez moi, une dame au bras. Là attend une voiture fermée, un monsieur s'avance vers moi, excipe de sa qualité d'agent de police et m'enjoint de le suivre (…). Est-ce que vous croyez que ce pourrait être un désir de ma part que d'être arrêté ? "

Les rêves de déplacement de type 1 sont tellement courants que Freud les range en bloc sous la cause du rêve de transfert des intensités psychiques ( p. 349 ).

Il y a un rêve de Freud très remarquable p. 311, sur son soi-disant médecin de famille Otto. Otto était Joseph Breuer, qui n'était pas le médecin de famille mais un psychanalyste pratiquant l'hypnose d'excellente réputation à Vienne : "  Mon ami Otto n'a pas l'air bien, il a le visage tout brun et les yeux exorbités". Il n'y a aucune structure et je suis très sceptique. Le personnage d'Otto ne donne aucun désir Freud rattache aussitôt ce rêve à une aventure de voyage qui semble le gêner peut-être parce qu'elle implique des personnes connues. Six ans plus tôt, Freud avait eu un accident de voiture ( de calèche ), une nuit en pleine forêt. Le professeur R., qui le mettait mal à l'aise était du voyage. Les rescapés furent contraints de traverser la forêt, à pied, la nuit. Ils arrivèrent à une auberge où l'aubergiste présentait des signes de maladie identique à celle d'Otto. R. fait des remarques déplaisantes sur l'aubergiste à l'état physique délabré et contagieux. Or dans ce souvenir plus détaillé que celui du rêve d'Otto, Freud montre bien une structure de type 1 , c'est-à-dire de passage d'un lieu, la forêt, à un autre , l'auberge, avec un personnage R. qui est intimidant et paralysant pour Freud. Il nous semble que le vrai rêve de l'accident ait été censuré parce qu'il concernait la communauté médicale de Vienne. Le rêve d'Otto, par contre, n'exprime aucun changement donc aucune référence à un organe alors que Freud reconnaissait l'organique comme le facteur du rêve ( p. 57 ) : des stimuli corporels internes ou externes sont des sources du rêve. Il ajoutait également des stimuli subjectifs mais c'était pour les réfuter. Dans le rêve d'Otto, il n'y a aucune stimulation. Il n'y a qu'un seul constat ce qui ne peut pas être une ressource de rêve. Néanmoins, il y a une maladie donc une impuissance. Mais il n'y a aucune situation où la maladie pourrait être dépassée. Il n'y a aucun désir. Avec le récit de l'accident associé, on voit la différence et la dynamique du rêve toujours en deux états. Notre interprétation personnelle est que le rêve d'Otto a été masqué. nous avons là un très bon exemple de pensée réflexive, phase 2 avec le personnage Otto et d'une pensée symbolique ou associative de phase 1 avec le personnage R.

En résumé

Nous avons tenté de montrer en résumé un processus d'acte passant par la pensée symbolique qui est une forme de pensée que l'on trouve dans les rêves. Mais les rêves ne sont quand même pas les seuls producteurs de la pensée symbolique. Les rêves ne sont pas les uniques nécessités. Ils sont seulement suffisants. Dans le réel, il se trouve des situations qui provoquent des blocages car la pensée symbolique est générée par les désirs. Or le désir se transmet seulement par la vue de l'autre. Les actes s'enchaînent dans des actions. Les désirs sont rémanents et les actes se répètent sur une certaine durée. La réalité contient des lieux et des personnages qui sont les éléments fondamentaux de l'acte. En fait, la réalité est beaucoup plus abondante en éléments d'actes comme les désirs que les rêves. Les rêves ont été pris simplement à titre d'exemples plus simples et plus communs. Dans la réalité, il y a l'intervention du moi qui est un relais vers le psychisme mais dans les rêves, le moi n'intervient pas. Par contre les rêves sont des révélateurs de ces éléments. Nous avons seulement voulu montrer quelques traces du processus de l'acte.

Sur les sentiments

Sur les sentiments

Le changement de sentiment

La perte de sentiment

L'essence du sentiment

Les pensées sont reprises et recopiées par la réflexion et les réflexions sont reprises par de nouvelles perceptions. Le sentiment est rémanent et permet la répétition.

Le changement de sentiment

D'autres faits se produisent. La peur, par exemple, est un flux produit par la pensée sans aucune perception ce qui serait contradictoire avec notre analogie du flux entre deux visions. On a peur sans savoir pourquoi. Si on sait pourquoi, c'est la terreur. En examinant plus en profondeur, on découvre une vision primaire qui se coupe par une perception et qui échoue à former une seconde vision. C'est une espèce de vertige. La seconde vision de la pensée n'est pas créée mais elle est présente. Le sentiment est extrêmement rémanent voire inséparable et adhérant puisqu'il vient d'une liaison qui n'est pas fugitive mais qui s'établit dans l'attente, dans la recherche d'une autre vision. Si la pensée ne produit que de la vision, elle ne vise qu'une autre vision. Si la vision ne vient pas, le flux diminue. La valeur de la première vision diminue. Le sentiment devient négatif et répulsif. L'angoisse se transforme en peur non maîtrisée. Il est inutile de rappeler que certains individus savent jouer du sentiment chez les autres. Le rêve est l'exemple même de la pensée et nous commençons à comprendre pourquoi le rêve se change en cauchemar. Le rêve qui n'a pas de suite, c'est-à-dire de seconde scène, devient le cauchemar.

La perte de sentiment

De même, la répétition d'un même acte ne reproduit pas forcément le sentiment. la répétition peut être répétition de pensée avec sentiment ou répétition de réflexion sans le sentiment. La répétition d'un acte suit la réflexion qui n'est pas la pensée visuelle le plus souvent. Il faut comprendre que la réflexion n'est pas du même temps que la pensée comme nous l'avons montré dans la première partie de l'article. Dans la répétition, le sentiment se perd rapidement. Et  voilà qu'il se produit un nouveau phénomène : le sentiment se transforme progressivement : l'angoisse se transforme en peur, la beauté devient banalité sinon laideur.

L'essence du sentiment

Qu'est-ce que le sentiment ? Pour la plus-part des individus, il n'est qu'un caractère secondaire de nos pensées ; il lève un peu d'intérêt sur nos pensées. Or cette recherche montre qu'il est tout car il est le fondement de nos croyances. Il est le signe de confirmation de notre acte dans la mesure où le but de l'acte n'est pas rationnel mais personnel. Il est l'unique référence de notre réflexion. Il remplace toute l'expérience de vie. Il est la source de notre morale. Il est notre signal de but. Nous ne pouvons réussir un acte contre nos sentiments comme ces réflexions courantes le disent : je ne le sentais pas ou je le sentais bien.

La vie subjective est donc un parcours de tous ces éléments. Par contre, le savoir qui est mémorisé n'apparaît pas ce qui montre qu'il est un moyen de la réflexion et non une production finale tout comme les moyens de contact avec la réalité qu'utilise le corps.